Comment se prémunir du burnout quand on est professeur de yoga ? 

Si le yoga est une pratique utile pour mieux appréhender stress et émotions, les professeurs de yoga ne sont pas épargnés par le risque de burnout. Pourquoi? Comment l’éviter? 

Le burnout est un phénomène de plus en plus commun dans notre société. Mais saviez-vous que même les professeurs de yoga peuvent en être victimes ? En effet, l'investissement émotionnel que l'on met dans son travail peut conduire à l'épuisement professionnel.

Arrêtons-nous d’abord sur le pourquoi. 

Le burnout est étroitement lié avec l’investissement émotionnel que l’on met dans son travail. Ce n’est pas une question de nombre d’heures de travail, mais une question d’énergie et de cœur que l’on met à l’ouvrage. Le burnout touche les personnes les plus investies, passionnées, pour lesquelles le travail occupe une grande place dans leur vie. Volonté de prouver sa valeur, perfectionnisme et dépassement de soi, multitasking, le burnout touche principalement les femmes, les jeunes et les professionnels isolés. Ce profil vous rappelle quelqu’un ? 

Tout est une question d’investissement émotionnel

Oui! Lorsque l’on est professeur de yoga, on est en général passionné. On ne fait pas ce métier pour devenir millionnaire, ou prévoir de grandes évolutions de carrière. Dans professeur de yoga, il y a “professeur”, donc, passion, vocation, mission de vie. 

C’est cette passion qui va amener progressivement le professeur de yoga à travailler beaucoup (trop), même si le nombre d'heures importe moins que l'investissement et l'envie de bien faire. On accepte des remplacements de peur de manquer une opportunité, par engagement ou tout simplement pour payer son loyer (un professeur de yoga gagne entre 30 et 80 euros par cours et entre 1300 et 1800 euros par mois). 

Il n’y a pas de limite entre le travail et la vie personnelle. Le professeur de yoga a chez lui de nombreux livres qui parlent... du yoga, il mange yoga, boit yoga, respire yoga, s’habille yoga… du lundi au dimanche de 7h30 à 22h, et de nombreux trous dans le gruyère le matin et l’après midi. Il reçoit des messages le soir et le week end, texto, whatsapp, Instagram, mails, etc… auquel il répond rapidement…difficile de couper et de mettre une barrière pro. 

Le solopreneuriat, facteur amplificateur

Un autre grand facteur de burn out dans le milieu des professeurs est l’isolement relatif à la fonction. Bien qu’entouré toute la journée d’élèves, il n’en reste pas moins que le professeur de yoga est assez seul. En ville surtout, on consomme le yoga comme on achète une baguette de pain, en choisissant son heure, son lieu, son style de yoga, son prof, et même son n° de tapis (oui oui). Pas le temps de discuter avec le professeur, on a des choses à faire, on court pour arriver à l’heure et on saute sur le spray antiseptique pour nettoyer son tapis le plus vite possible, être le premier à la douche, en lâchant au passage un  “merci au revoir” ! Plus on travaille seul, plus on s’isole. Un terrain favorable à la spirale infernale - plus on s’isole, plus le travail prend de la place dans notre vie.

Comment l’éviter ?

S’il est difficile, voire impossible de limiter son investissement émotionnel car le yoga, c’est justement de se connecter à soi, voici quelques conseils que nous donnons à nos élèves de la formation pour mieux maîtriser son investissement professionnel.

1 - Instaurer des jours de repos 

Comme tout professionnel, il est indispensable de programmer 2 jours off par semaine - 2 jours non négociables. Et ce même si on ne pense pas en avoir besoin. Si les semaine s'enchainent, alors il faudra en programmer 4 toutes les 2 semaines, ou 8 par mois.

Ce temps permet de se ressourcer, prendre soin de soi, faire un cours pour soi, dormir, récupérer, développer des activités parallèles pour sortir de sa routine, cultiver sa créativité et diversifier ses activités (et peut-être ses revenus) . C’est un peu notre savasana hebdomadaire :-) 

2 - Socialiser 

Sur la pause déj, en soirée, le weekend, en tant que professionnel du loisir, le professeur de yoga travaille quand le monde autour se détend…y compris ses amis. A moins de n’être amis qu’avec des professeurs de yoga, on conseille à nos élèves de garder une à 2 soirées par semaine pour sortir, faire la fête, aller voir une expo, boire une bière, aller à un concert, partager un moment en famille ou entre amis, se ressourcer. 

Nous suggérons aussi à nos élèves de travailler à plusieurs, se fixer des plages horaires dans un coworking avec un.e ami.e qui soit dans le yoga ou pas, d’entrer dans un club de solopreneurs, de faire du networking. Il faut absolument s’entourer ! 

3 - Pratiquer - vraiment - le yoga

Afin que le yoga ne soit pas juste un métier et qu’il garde de sa magie, il est important de se rappeler que c’est avant tout une pratique personnelle. Les professeurs de yoga doivent donc prendre le temps de pratiquer eux-mêmes et de se connecter avec leur propre état d'être. Cela peut aider à maintenir l'équilibre émotionnel et à éviter l'épuisement professionnel. On doit pouvoir réserver au moins 1h de son temps par semaine pour aller en studio et se faire plaisir. 

De plus, il est important de se former et de se perfectionner pour éviter de tomber dans une routine. Les professeurs de yoga peuvent suivre des formations pour apprendre de nouvelles techniques et astuces, ce qui peut enrichir leur pratique et leur permettre de mieux accompagner leurs élèves. De plus, cela peut aider à éviter de se laisser submerger par la lassitude, les formations créent de l’inspiration ! Et on y rencontre de nouvelles personnes - une occasion supplémentaire de socialiser ! 

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